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Sortir du 30/04/08 au 06/05/08 et du 7/05/08 au 13/05/08, Par Michèle
Bourcet
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n°26, Mars/Avril 2008
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Le Parisien, samedi 24 mai 2008, Edition de Paris


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Télérama du 30/04/08 au 06/05/08, Par Michèle Bourcet


UN PEU DE TENDRESSE
DANS CE MONDE DE BRUTES
Ecrit par le
scénariste des deux derniers films d’André Téchiné, ce spectacle bourré
d’humour d’où jaillissent des torrents de tendresse mérite une attention
toute particulière. L’écriture est précise et servie par un jeune
comédien qui assurément a de l’avenir.
Il s’appelle Poirot.
Mi-détective, mi-légume donc. Un imperméable gris sur le dos, une valise
à la main, il déboule dans la salle et se prend une gamelle monumentale.
« Oh un théâtre ! », s’extasie-t-il. Occasion rêvée de venir nous
parler. De lui, de son expérience. Il vient de se faire licencier du «
Rayon de soleil », maison de retraite où il animait les mornes
après-midi de Zozo la brindille, du vieux Jacquot, de Cactus et de tous
ces pauvres hères que la vie a déjà oubliés.

Ce spectacle est
l’histoire d’une belle rencontre. David Poirot raconte à François
Delaive, metteur en scène, son expérience dans une maison de retraite où
il était un animateur un peu gênant. Forcément, il est des sujets qui
fâchent et les conditions de (sur)vie dans ces lieux qu’on nomme
communément des « mouroirs » sont de ceux-là. Il pose trop de questions,
l’animateur. La réponse sera un licenciement. Delaive fait appel à
Laurent Guyot, scénariste des deux derniers films de Téchiné (« Les
temps qui changent » et « Les témoins », deux perles) pour mettre cette
histoire en forme. Il en sort un texte fort, véritable état des lieux de
ces maisons de retraite. Avec l’humour pour dédramatiser cette tragédie
humaine. Mais sous cette drôlerie se glissent des moments d’émotion
pure, de tendresse infinie.
Un texte sublime
Si le texte possède
tous ces atouts, force est d’attribuer aussi un grand mérite au
comédien. Un sourire quasi permanent aux lèvres, un physique d’une
débonnaire placidité, il joue sa partition sans la moindre anicroche et
fait passer en douceur certaines pilules pourtant dures à avaler.
Difficile en effet de ne pas se projeter dans un avenir plus ou moins
proche en se demandant si nous ne serons pas un jour un de ces petits
vieux qui « jouent à la Playmobil pour ne pas perdre la boule », un
futur Cactus qu’il faudra arroser de temps en temps (comprenez : à
maintenir sous perf), un de ces grabataires qu’on « ne prend plus en
photo parce que les escarres c’est pas très glamour » ou un délocalisé
dans un autre pays parce que le personnel y est moins cher et
qu’importent les barrières linguistiques « puisqu’à cet âge-là on ne
comprend plus rien ».

En ratissant très
large sur ce problème social qui, avec le vieillissement de la
population, va aller crescendo, Laurent Guyot ne laisse aucune
échappatoire possible. Certes, on rit. Beaucoup et de bon cœur. Car le
texte est sublimement écrit, jouant sans cesse de polysémie. «
L’Internationale » chantée par des vieux dans un hospice prend des
accents terribles même si on ne peut réprimer un rire quand Poirot
compare ça « aux chœurs de l’Armée rouge mais tous avec un pacemaker ».
Et malgré la drôlerie que sous-tend une course de déambulateurs dans les
couloirs de l’hospice, s’impose la terrible réalité de ces oubliés qu’on
a « placés », que l’on reclasse par catégories pour « récompenser la
perte de toutes leurs facultés » ou pire encore, ceux dont l’état-civil
n’apparaît sur aucun registre à cause des conflits armés. La perte de la
mémoire est alors totale. Ne reste plus qu’à sortir les pieds devant de
ce lieu où l’on est entré debout…
par Franck BORTELLE
publié dans :
À Paris 2007/08
Franck BORTELLE
(Paris)
http://www.ruedutheatre.info/article-18620162.html
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ASH Magazine n°26, Mars/Avril 2008

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Le 18ème du
mois, février 2008

Poirot et les potes âgés
David Poirot était de
retour le week-end dernier sur les planches vosgiennes du casino de
Gérardmer.
Seul en scène, le comédien présentait en avant-première son nouveau
spectacle sur le thème des maisons de retraite. Un univers
impitoyable raconté à la sauce... Poirot.
A défaut de sentir le sapin, ça fleure bigrement le vécu : le
comédien a exercé ses talents d'animateur dans une maison de
retraite parisienne avant d'être mis à pied pour avoir dénoncé à la
direction des pratiques qu'il jugeait indignes.
Sans émolument, mais
toujours plein de ressources, le fiston du conseiller général
géromois a trouvé la parade en proposant un spectacle politiquement
incorrect. Il évoque Besancenot, parle du vieux Jacquot, dénonce la
promiscuité au sein des maisons de retraite, le manque de moyens
inversement proportionnel au lucre de ces entreprises florissantes.
«1.500 euros pour une
biscotte, de la purée et une couche. C'est pas un peu cher, ça ?»
Sans être hilare du début à la fin du spectacle, le public sort
tanné par cette immersion au «Rayon de soleil» qui semble
avoir la peau de ses résidants. Car derrière les frasques du vieux
Maurice, se cache une sorte de désespérance qui fait mal.
Le texte de Laurent
Guyot et la mise en scène de François Delaive donnent bien sûr un
peu d'oxygène à cette atmosphère gériatrique. Comme cette bonne
petite course de déambulateurs entre papys. Escarres, go ! Voilà qui
donne un peu de couleurs à un univers un peu grisâtre et un chouïa
technique. Heureusement, David est là avec des formules à la pelle
qui vont ravir ses potes âgés : «Poirot, vous savez, comme le
poireau... Blanc de cheveux et vert de queue...»
Philippe CUNY pcuny@estrepublicain.fr
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Républicain le 21/11/2007

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